La signalisation routière est un langage universel. Sur les routes du Sénégal — Corniche de Dakar, route nationale N1 vers Tambacounda, ou rues de Thiès — un panneau mal interprété peut coûter cher. Voici les 10 panneaux que tout candidat au permis B, C ou D doit reconnaître instantanément.
1. Le STOP — arrêt absolu
Octogonal, rouge, inscription « STOP » en lettres blanches. Le conducteur doit marquer un arrêt complet (roues immobiles, pas seulement ralenties), puis céder le passage à tous les usagers de la voie prioritaire. C’est l’une des fautes les plus sanctionnées à l’examen pratique : un « stop glissé » entraîne quasi systématiquement un échec.
2. Le « Cédez-le-passage »
Triangle pointe vers le bas, bordure rouge, fond blanc. Contrairement au STOP, vous n’êtes pas obligé de vous arrêter si la voie est libre. Vous devez en revanche céder la priorité à tout véhicule engagé ou s’apprêtant à l’être.

3. Le sens interdit
Disque rouge barré d’un rectangle blanc horizontal. Sa signification est sans équivoque : circulation interdite à tout véhicule dans cette direction. Le confondre avec un autre panneau circulaire rouge est une erreur fréquente : ici, le rectangle blanc est plein et horizontal, contrairement à la circulation interdite dans les deux sens (disque blanc simplement bordé de rouge).
4. L’interdiction de dépasser
Disque à bordure rouge, deux voitures (une rouge, une noire) côte à côte. Tant que vous n’avez pas rencontré le panneau de fin d’interdiction de dépasser (disque blanc barré en diagonale gris), tout dépassement est proscrit, même si la route paraît dégagée.
5. La limitation de vitesse
Disque blanc bordé de rouge avec un chiffre noir (30, 50, 90, 110…). Au Sénégal, les vitesses maximales fixées par la loi 2022-04 (art. L.58 et L.60) sont :
- 30 km/h aux abords des écoles, des hôpitaux et des lieux de culte.
- 50 km/h en agglomération.
- 90 km/h sur route à double sens sans séparateur central.
- 100 km/h sur route à au moins deux voies dans le même sens.
- 110 km/h sur route à chaussées séparées par un terre-plein central.
- 130 km/h sur autoroute (par exemple l’autoroute à péage Dakar–Diamniadio–AIBD).
Ces limites sont réduites par temps de pluie (100 km/h au lieu de 130 sur autoroute, par exemple), et des vitesses particulières s’appliquent aux poids lourds et aux véhicules de transport public.
Pour des données chiffrées sur l’accidentalité, consultez les publications de l’ANSER.
6. Le virage dangereux
Triangle à bordure rouge, fond blanc, avec une flèche courbée noire. Il existe en version virage à droite, virage à gauche, ou succession de virages. Réduisez la vitesse avant d’entrer en courbe — freiner dans le virage est l’une des causes principales de sortie de route.
7. Passage piétons
Triangle de danger annonçant un passage protégé. À distinguer du panneau carré bleu de « passage pour piétons » (signalisation d’indication, sans triangle), qui marque l’emplacement même du passage. La règle est claire : le piéton engagé sur le passage est prioritaire.
8. Travaux
Triangle rouge avec une silhouette d’ouvrier creusant. Au Sénégal, où de nombreux chantiers routiers se déploient (Bus Rapid Transit, autoroutes régionales, voiries urbaines), ce panneau apparaît souvent. Il impose :
- Une réduction de vitesse.
- Une vigilance accrue envers les ouvriers, engins et déviations.
- Le respect strict de la signalisation temporaire (cônes, balises, panneaux mobiles).
9. Obligation de tourner
Disque bleu avec une flèche blanche. Vous devez obligatoirement suivre la direction indiquée. Aller tout droit alors que le panneau impose un « tourner à droite » est une infraction.
10. Animaux sauvages
Triangle de danger représentant un cervidé bondissant. Présent notamment près des aires protégées comme le Parc National du Niokolo-Koba ou la zone du Delta du Saloum, ce panneau invite à :
- Réduire la vitesse, surtout à l’aube et au crépuscule.
- Surveiller les bas-côtés et la végétation.
- Ne pas dévier brutalement : un freinage en ligne droite est plus sûr que tenter d’éviter l’animal.
Récapitulatif des familles de panneaux
Au-delà de ces dix incontournables, retenez la logique des formes et des couleurs :
- Triangle rouge sur blanc : danger, soyez attentif.
- Disque rouge ou bordé de rouge : interdiction.
- Disque bleu : obligation.
- Carré bleu : indication (parking, hôpital, station-service, etc.).
- Pentagone vert ou rectangle bleu : direction.
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Le marquage au sol : la signalisation horizontale
Les panneaux ne sont qu’une partie du langage routier. Le marquage au sol complète et parfois précise leur message. Quelques fondamentaux à retenir absolument :
- Ligne continue blanche : interdiction absolue de la franchir ou de la chevaucher. Tout dépassement est proscrit.
- Ligne discontinue blanche : franchissement autorisé pour dépasser, tourner ou changer de file, à condition de respecter les règles de sécurité.
- Ligne mixte (continue + discontinue) : c’est la position du conducteur qui détermine la règle. Si la ligne continue est de votre côté, vous ne pouvez pas la franchir.
- Flèches au sol : elles imposent une direction obligatoire dans la file concernée, en complément des panneaux d’obligation.
- Zébras blancs en biais : zone neutralisée, interdite à la circulation et au stationnement.
Cas particuliers sur les routes sénégalaises
Le terrain sénégalais réserve quelques spécificités que les manuels théoriques abordent peu. En voici trois à intégrer dans votre vigilance quotidienne :
- Les charrettes et véhicules à traction animale : encore présentes en zone rurale et en périphérie urbaine. Elles ne sont pas équipées d’éclairage. Réduisez fortement votre vitesse à la nuit tombée et préparez-vous à un dépassement large et patient.
- Les deux-roues à forte densité : Jakarta-taxis, motos, mototaxis sont omniprésents. Anticipez leurs trajectoires : ils se faufilent souvent par la droite, par la gauche, et empruntent parfois les voies en sens inverse.
- Les zones non éclairées la nuit : en dehors des grands axes, l’éclairage public peut être faible voire absent. Vos feux de croisement et de route deviennent vos meilleurs alliés — apprenez à les manipuler sans quitter la route des yeux.
Trois méthodes pour mémoriser durablement les panneaux
Apprendre les panneaux ne se fait pas en une nuit. Voici trois techniques validées par les meilleures auto-écoles :
- L’association visuelle : créez une image mentale forte pour chaque panneau. Un triangle rouge déclenche instantanément l’idée de « danger ».
- La révision espacée : revoyez chaque famille de panneaux à 1 jour, 3 jours, 7 jours, 21 jours d’intervalle.
- La mise en situation réelle : lors de vos trajets en passager, identifiez à voix haute chaque panneau croisé. C’est l’exercice le plus efficace.
Pour aller plus loin sur la signalisation routière internationale, voir cet article général sur la signalisation routière (Wikipédia) ou la page de l’OMS sur les accidents de la route.
